Ludwig van BEETHOVEN
1770-1827

Fils d'un musicien à la cour de Bonn, Ludwig van Beethoven s'intéresse très tôt à la musique. Son père, Johann, l'instruit et découvre rapidement le don de l'enfant dont il envisage de faire un "nouveau Mozart". Ludwig apprend l'orgue et la composition auprès de Gottlob Neefe qui révèle ses capacités extraordinaires. En 1782, à douze ans, il publie sa première œuvre : neuf variations en do mineur pour piano, sur une marche de Ernst-Christoph Dressler. L'année suivante Neefe écrit dans le "Magazine de la musique" au sujet de son élève : "S'il continue ainsi, il sera sans aucun doute un nouveau Mozart".

En juin 1784, sur les recommandations de son professeur, Ludwig est nommé organiste à la cour de Maximilian Franz, prince électeur de Cologne. Il a alors 14 ans. Cette place lui permet de découvrir un autre milieu, où il se fait des amis qu'il gardera toute sa vie : la famille Ries, la famille von Breuning et la charmante Eleonore, le violoniste Karl Amenda …

A la maison, peu à peu, Ludwig remplace son père, souvent pris de boisson. Le jeune homme se sent responsable de ses deux frères, et il assumera cette responsabilité toute sa vie.

Conscient du don de Beethoven, le Prince Maximilian Franz l'envoie à Vienne en 1787 pour rencontrer Mozart et parfaire sa formation. Vienne est alors la ville phare de la culture musicale. De la rencontre entre Mozart et de Beethoven, il n'existe que des textes à la véracité incertaine. Mozart aurait dit "N'oubliez pas ce nom, vous en entendrez parler !"

Mais Beethoven revient à Bonn : sa mère est mourante. La seule personne de sa famille avec laquelle il avait créé des liens affectueux forts s'éteint le 17 juillet 1787.

Cinq ans plus tard, Beethoven repart à Vienne, bénéficiant d'une rente assurée par le prince électeur pendant deux ans. Il ne reverra jamais plus sa ville natale. Son ami Waldstein lui écrit : "...recevez des mains de Haydn l'esprit de Mozart"… Le jeune musicien prend des leçons avec Haydn, puis avec Albrechtsberger et Salieri. Il étonne et séduit par sa virtuosité et ses improvisations au piano. Musiciens et aristocrates l'admirent. Ces mélomanes seront les plus grands soutiens de Beethoven, malgré son comportement parfois excessif e t impulsif.

En 1800, Beethoven organise un nouveau concert à Vienne comprenant notamment sa première symphonie. Son génie, qui n'est pas encore mûr, pointe déjà, repoussant les usages musicaux établis.

C'est en 1801 que le compositeur avoue à ses amis de Bonn sa crainte de devenir sourd. A Heiligenstadt, en 1802, il rédige un texte célèbre pour exposer sa révolte face au drame qu'il vit : devenir sourd, voilà une fatalité à laquelle il ne souhaite pas survivre. Mais la musique le rappelle. Et il confie avoir beaucoup d'autres domaines musicaux à explorer, à découvrir, et à léguer. Beethoven ne se suicidera pas, fera connaître peu à peu son handicap grandissant, et il se jettera dans la composition d'œuvres magistrales et grandioses …
Beethoven termine son opéra, Léonore, devenu Fidelio, le seul qu'il écrira. Celui-ci est créé le 20 novembre 1805 devant un public clairsemé d'officiers français (Napoléon a pris Vienne !).

Les années suivantes, l'activité créatrice du compositeur est intense. Il écrit plusieurs symphonies, dont la Pastorale, l'ouverture de Coriolan, la fameuse Lettre pour Elise. Il prend quelques élèves, dont il tombe parfois amoureux. L'archiduc Rudolphe, frère de l'empereur, devient également son élève, son ami, et bientôt l'un de ses protecteurs.

En 1809, Beethoven songe à quitter Vienne, mais avec l'aide de la comtesse Erdödy, l'archiduc Rudolphe, le prince Lobkowitz et le prince Kinsky s'engagent à lui verser une rente annuelle de 4 000 florins lui permettant de vivre sans contraintes financières. A une condition : qu'il ne quitte pas Vienne. Beethoven accepte. Une ère nouvelle s'ouvre : le voici libre d'écrire quand il veut et ce qu'il veut !

Fin juillet 1812, Beethoven rencontre Goethe, qu'il l'admire, et dont il mettra en musique plusieurs poèmes. Il regrettera toujours de ne pas s'être mieux entendu avec lui.

Le 15 novembre 1815, Kaspar Karl, le frère de Ludwig, décède. Il avait exprimé le vœu que son fils de 9 ans, Karl, soit confié au compositeur. La vie de ce dernier change alors : il prend son rôle très au sérieux, mais le célibataire de 45 ans qui n'entend plus a bien du mal à cohabiter et à comprendre l'enfant puis le jeune homme.

En 1816, Carl Czerny (futur maître de Franz Liszt), élève de Beethoven, devient le professeur de musique de Karl, mais sans rencontrer le succès espéré par le grand compositeur. A cette époque, celui-ci termine le cycle de lieders "A la bien-aimée lointaine" et ébauche un premier thème pour la IXe symphonie. Celle-ci sera pratiquement achevée en 1823, la même année que la Missa Solemnis.

La IXe symphonie est créée le 7 mai 1824 : c'est un succès, malgré les difficultés de la partition. Malheureusement sans retombées financières. Les ennuis d'argent minent le compositeur, qui garde ses économies pour son neveu. Beethoven s'engage alors plus intensément dans l'écriture de ses quatuors, et met en chantier la Xe symphonie.

En 1827, Beethoven prend froid en rentrant de chez son frère. La maladie complique les autres maux dont il souffre depuis longtemps. Il s'éteint entouré de ses plus chers amis, le 17 avril 1827, alors qu'un orage se déchaîne.

La cérémonie funèbre se déroule à l'église de la Sainte Trinité. Entre 10 000 et 30 000 personnes se sont réunies pour accompagner Ludwig van Beethoven vers sa dernière demeure. Franz Schubert, timide admirateur du grand compositeur, fut l'un des porteurs de flambeaux avec de nombreux autres musiciens. Schubert décédera l'année suivante et sera enterré aux côtés de Beethoven.