Composée en 1823-24, la IXe Symphonie de Beethoven a été créée avec succès le 7 mai 1824 à Vienne sous la direction du compositeur et s'est ensuite rapidement imposée comme une oeuvre majeure du répertoire classique.

Dans sa première édition, publiée en 1826, elle est dédicacée à "Sa Majesté le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III".

Jusque là, aucune symphonie n'avait atteint de telles proportions, à la fois dans la durée et dans l'effectif. Beethoven y brille par son génie de l'architecture des formes et y parachève son langage tonal. On retrouve la simplicité des mélodies, la complexité harmonique si présente dans les quatuors, l'équilibre de la structure, et la passion du compositeur pour les voix, solistes ou choeurs. Le dernier mouvement présente en effet la particularité d'intégrer un choeur mixte à quatre voix et un quatuor de solistes, qui interprètent L'Ode à la Joie de Schiller.

La puissance orchestrale de Beethoven associée au texte symbolique du poète fait de l'oeuvre un monument incontournable de la musique.

Rarement jouée en raison de l'effectif nombreux qu'elle exige, la IXe Symphonie de Beethoven est cependant programmée lors d'évènements importants.

On se souvient qu'au moment de la chute du Mur de Berlin Léonard Bernstein interpréta cette oeuvre magistrale avec des musiciens et choristes venus de l'ensemble de l'Europe... de Londres à Leningrad. Fort à propos, il avait remplacé le mot "Freude" (Joie) par celui de "Freiheit" (Liberté). Symbolique des valeurs humanistes de l'Europe des XVIIIe et XIXe siècles, le dernier mouvement, L'Ode à la Joie, s'est imposé comme hymne européen.